Livres

 



La renaissance d'un écrivain avec le Prix Renaudot
Par Tatiana de Rosnay


Brune, brillante, polyglotte, elle était l’égérie parisienne des années 30, depuis un premier roman, David Golder, (Grasset). La dizaine de livres suivants, comme Le Bal, (Grasset) ou Le Vin de Solitude, (Albin Michel), sont tous des succès. Mais parce qu’elle porte une étoile jaune, son destin la mène à Auschwitz, où elle meurt à 39 ans. Ses œuvres sombrent dans l’oubli.

Grâce à un manuscrit vieux de soixante ans, sauvé par sa fille Denise et publié aujourd’hui par Denoël, Irène Némirovsky fait un retour fracassant sur la scène littéraire. Suite Française, pourtant inachevé, est son plus magnifique roman. Ecrit dans la tourmente de l’exode de 1940, il pose un regard acide et profond sur une France vaincue. Une plume riche, teintée d’une ironie lucide, met à nu vanités, bassesses, générosités inattendues. Dans ses notes, à la fin du livre, ces mots : « Mon Dieu ! Que me fait ce pays ? Puisqu’il me rejette, considérons le froidement, regardons le perdre son honneur et sa vie. » Un grand écrivain nous revient.