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PARIS (AFP) - L'attribution inattendue du prix Renaudot
au roman de l'écrivain disparu Irène Némirovsky, "Suite
française" (Denoël), est "une victoire sur
le passé", a déclaré lundi à l'AFP
sa fille aînée, Denise Epstein.
"Quand j'ai appris la nouvelle, j'étais complètement
bouleversée, submergée par l'émotion en pensant à ma
mère, à ma soeur, à tous les autres. Ce prix
est une victoire sur le passé, l'abandon et le nazisme",
a-t-elle dit.
Denise Epstein, qui vit actuellement à Toulouse, avait 13
ans quand sa mère a été arrêtée
par des gendarmes français puis conduite à Auschwitz
où elle est morte en 1942.
"Le manuscrit que j'ai pu récupérer dans sa valise était
impeccable. La couverture en cuir avait subi quelques écorchures
mais l'encre n'avait pas bougé, c'était une encre bleue
des mers du sud", a-t-elle précisé.
"Je ne l'ai pas ouvert tout de suite, je ne
pouvais pas. Il y avait beaucoup de douleur, de colère. Quand
je l'ai lu, je n'ai pas vu tout de suite qu'il s'agissait d'un roman,
il y avait
des notes très douloureuses. J'ai repris tout ce travail bien
des années après. Entre-temps, ma soeur a écrit
Le Mirador et elle avait en quelque sorte la priorité sur
Suite française. Voilà pourquoi il a fallu
attendre 62 ans pour sa publication", a-t-elle ajouté.
La fille cadette d'Irène Némirovsky,
Elisabeth Gille - qui fut éditrice chez Denoël - avait
publié en
1993 une biographie de sa mère sous le titre Le Mirador.
Elisabeth Gille est morte depuis d'un cancer. Son livre a été réédité en
2000.
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