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Dans les années 1920, Irène Némirovsky envoie
ses « petits
contes drolatiques » au
magazine bimensuel Fantasio qui les publiera et les paiera
chacun soixante francs. Au Matin paraîtra un conte,
et Les Œuvres libres éditeront un conte, une
nouvelle et, en 1923, Le Malentendu, un premier roman,
rédigé pendant sa dix-huitième année.
1923 Le Malentendu
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1926 Février
: L’Enfant génial, ultérieurement
intitulé Un Enfant prodige, paraît
aux Œuvres libres.
Dans
les tavernes d'un port de la Mer Noire, Ismaël
Baruch, l'enfant prodige, chante les douleurs et les
joies des misérables, des exclus. Son talent
précoce fascine le poète déchu
Romain Nord et sa maîtresse, « la
princesse », une riche veuve désœuvrée. Arraché à la
pauvreté, Ismaël devient le jouet choyé d'une société aristocratique
aussi prompte à l'enthousiasme qu'au mépris, qui le rejette inexorablement.
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1929 Chez
Grasset paraît David Golder.
Tout
le monde abandonne David Golder, malade et ruiné.
Mais le vieil homme
se reprend, part à la reconquête de sa fortune dans une dernière
aventure. Traversé par des financiers véreux, des femmes cupides,
des gigolos, David Golder est un roman cruel sur la richesse et le
dénuement.
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1930 Chez
Grasset paraît Le Bal. Les éditions
Fayard reprennent Le Malentendu.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour
se lancer dans le
monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction
de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, Le Bal
compte
parmi les chefs-d'œuvre consacrés à l'enfance.
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1931 Chez
Grasset paraît Les Mouches d'automne.
Tatiana Ivanovna a consacré sa vie entière à ses
maîtres, les Karine, qu'elle a vus naître et
grandir. Lorsque la révolution russe les chasse
de leur domaine, elle les suit dans leur fuite, jusqu'à Odessa
d'abord, puis jusqu'à Paris, dans ce petit appartement
du quartier des Ternes où les exilés tournent
en rond comme les mouches d'automne... Avec
un art consommé de la touche
infime, de la progression insensible, qui révèle
l'influence de Tchekov, Irène Némirovsky
peint les désarrois et les nostalgies de ces survivants
d'un monde perdu.
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1933 Chez
Grasset paraît L'Affaire Courilof.
En 1903, en Russie, un jeune bolchévique, Léon
M..., est chargé d'assassiner le ministre de l'Instruction
publique de Nicolas II, Courilof. Il se fait passer pour un médecin
et infiltre l'entourage ministériel. Au chevet de Courilof,
rongé par un cancer, il découvre que ce dernier
n'est pas celui qu'on avait décrit, et apprend la miséricorde.
Sera-t-elle sans limites ?
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1934 Films
parlés (recueil paru chez Gallimard, comportant Les
Fumées du vin), Le Pion sur l'échiquier (chez
Albin Michel, nouvellement éditeur d'Irène)
et Dimanche (dans La Revue de Paris)
paraissent.
Le
vendredi 2 novembre : Dans Gringoire paraît Les
Rivages heureux.
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1935 Chez
Albin Michel paraît Le Vin de solitude.
« Hélène
se mit debout devant la fenêtre, regarda la rue.
Là passait
parfois, dans une vieille calèche traînée
par deux lents chevaux, conduite par un cocher habillé à la
mode polonaise (gilet de velours, manches rouges bouffantes
et plumes de paon sous son chapeau), la tante de Bella,
une Safronov
de la branche aînée, de celle qui était
restée
riche, qui n'avait pas dilapidé sa fortune, qui
n'avait pas eu besoin de marier ses filles à de
petits Juifs obscurs, gérants d'une fabrique de
la ville basse. Mais seul, ce jour-là, un fiacre
passait lentement sous la fenêtre
; une femme y était assise ; elle tenait serré contre
elle, comme un ballot de linge, un cercueil d'enfant ;
on évitait
les frais d'enterrement dans le peuple. »
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1936 La
Revue des Deux Mondes publie Liens du sang. Jézabel paraît
chez Albin Michel.
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1937 8
février : Dans Gringoire paraît Fraternité.
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1938 2
novembre : Dans Candide paraît La
Femme de don Juan. Albin Michel publie La Proie.
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1939 Chez
Albin Michel paraît Deux.
7
décembre : Dans Gringoire paraît Le
Spectateur.
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1940 1er
février : Dans Gringoire paraît Le
Sortilège.
28
août : Dans Candide paraît M.
Rose.
Chez
Albin Michel paraît Les Chiens et les Loups.
Ainsi que Aïno dans La Revue des Deux
Mondes.
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1941 20
mars : Dans Gringoire paraît La
Confidente, sous le pseudonyme de Pierre Nérey.
30 mai : Dans Gringoire paraît L'Honnête
homme, sous le pseudonyme de Pierre Nérey.
8 août : Dans Gringoire paraît L'Inconnu.
24 octobre : Dans Gringoire paraît L'Ogresse,
sous le pseudonyme de Charles Blancat.
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1942 27
février : Dans Gringoire paraît L'Incendie,
sous le pseudonyme de Pierre Nérey.
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1946 Chez
Albin Michel paraît La Vie de Tchekhov (republication
en 1957).
Irène Némirovsky a réussi pour cette
biographie précise et attachante d'Anton Tchekhov
ce que Georges Pitoëff a su accomplir pour son théâtre.
Pour les mêmes raisons : née russe mais élevée
dans la langue française, elle était profondément
intégrée à la France. Mais sa sensibilité demeurait
naturellement accordée au pays de sa naissance, à son
peuple, à sa culture. Et Tchekhov, plus que d'autres, était
proche d'elle. Son travail demeure exemplaire, une émouvante
réussite.
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1947 Chez
Albin Michel paraît Les Biens de ce monde (également
republié en 1957).
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1948 Les
Feux de l'automne paraît.
1957 Au
printemps, insouciantes du chevauchement des saisons, les éditions
Albin Michel republient Les Feux de l’automne.
Puis la biographie de Tchekhov écrite peu avant
la mort d'Irène.
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1985 Le
Bal est réédité chez Grasset,
dans la collection des « Cahiers rouges ».
1986 David
Golder est réédité chez Grasset,
dans la collection des « Cahiers rouges ».
1988 Chez
Albin Michel reparaissent Les Chiens et les Loups et Le
Vin de solitude.
1989 Chez
Albin Michel reparaît La Vie de Tchekhov.
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1992 L'Affaire Courilof est réédité chez
Grasset, dans la collection des « Cahiers rouges ».
Chez Albin Michel reparaît La Proie ; chez
Gallimard Jeunesse, Un Enfant prodige. Aux Presses
de la Renaissance, Le Mirador d'Élisabeth
Gille est publié.
Partie
le 17 juillet 1942 avec le convoi numéro 6 vers Auschwitz,
Irène Némirovsky ne faisait pas partie du groupe
des dix-huit survivants revenus en 1945, note sa fille Élisabeth
Gille dans la biographie qu'elle lui consacre. Le livre sera
réédité,
enrichi d'une préface et des commentaires de l'auteur
publiés peu après dans un quotidien italien.
Ce texte et deux autres qui ont suivi annonçaient
l'émergence d'un auteur important, peut-être à la
mesure de sa mère, mais, quatre ans plus tard, la
maladie viendra à bout de la volonté de
vivre d'Élisabeth... Son Mirador n'est
pas seulement le témoignage d'affection d'une fille
pour sa mère
ou un hommage à l'écrivain qu'elle était,
mais également le constat de cette insouciance coupable
par qui le malheur arrive ; plus grave, celui d'une identité refusée,
mais qui s'imposera, en fin de parcours, de la manière
la plus atroce possible.
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1994 Septembre
: Le Crabe sur la banquette arrière,
d'Élisabeth Gille, paraît au Mercure de
France.
1996 En
janvier, Gallimard reprend Le Crabe sur la banquette
arrière.
Court texte présenté avec humour et sans complaisance,
sous forme de pièce de théâtre, par Elisabeth
Gille, à partir d'une expérience personnelle.
Six ans après le traitement d'un cancer du sein,
elle présente une tumeur du poumon rattachée à un
important tabagisme. Elle décrit le comportement
parfois étrange
des soignants et regrette celui de ses proches : ils ont
du mal à s'adapter, l'infantilisent, lui laissent
(trop) voir qu'ils s'attendent à sa disparition prochaine,
y compris à travers un optimisme excessif. Finalement
l'auteur regrette d'avoir à jouer un rôle sous
ces diverses influences, alors qu'elle voudrait bien rester
elle-même. Cet ouvrage a inspiré un téléfilm
de J.-P. Vergnes sorti fin 1996 avec Macha Méril
dans le rôle de l'héroïne.
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1996 Septembre : Au Seuil paraît Un Paysage
de cendres, d'Élisabeth
Gille.
Un paysage de cendres. Léa et Bénédicte ont cinq et
sept ans lorsque les hasards de la guerre les jettent dans un même
pensionnat bordelais. L'amitié qui les lie aussitôt « à la
vie, à la
mort » les aide à s'évader dans un monde enfantin de
complicités
et de rites loin des violences adultes. Seule la conscience du danger les
empêche
de se confier un lourd secret : celui de leurs parents disparus. À la
Libération,
tout s'éclaire pour l'une, tout s'obscurcit pour l'autre, que rien
ne va détourner de sa quête de vérité. Dans
le Paris des années cinquante, où les solutions semblent
si simples, l'aînée
se battra pour que l'avenir de son amie retrouve figure humaine. Mais quand
on a détruit l'identité d'un enfant, saccagé sa conscience
et dévasté son imaginaire, peut-il renaître de ses
cendres ?
1998 Février
: Le Seuil réédite Un paysage de cendres.
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2000 Stock
réédite Le Mirador, ainsi que Dimanche
et autres nouvelles (écrites entre 1934 et
1942).
« La rue Las Cases était tranquille comme
au cœur de l'été, chaque fenêtre
ouverte abritée d'un store jaune. Les beaux jours étaient
de retour ; c'était le premier dimanche de printemps.
Tiède, impatient, inquiet, il poussait les hommes
hors des maisons, hors des villes. Le ciel brillait d'un
tendre éclat. On entendait le chant des oiseaux
dans le square Sainte-Clotilde, un doux pépiement étonné et
paresseux, et, dans les rues calmes et sonores, les rauques
croassements des autos qui partaient vers la campagne.
Nul autre nuage au ciel qu'une petite coquille blanche,
délicatement roulée, qui flotta un instant
et fondit dans l'azur. Les passants levaient la tête
avec une expression émerveillée et confiante,
et respiraient le vent, en souriant. Agnès ferma à demi
les volets : le soleil était chaud, les roses
s'épanouiraient trop vite et mourraient. La petite
Nanette entra, en courant, sautant d'un pied sur l'autre.
- Vous me permettrez de sortir, maman ? Il fait si beau.»
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2004 Les éditions
Sables publient Destinées et autres nouvelles (écrites
entre 1935 et 1941).
30
septembre : Grâce à la parution de Suite
française, le génie patient d'Irène
Némirovsky sort à nouveau de la nuit et
du brouillard.
Un
roman bouleversant, intimiste et implacable, dévoilant
avec une extraordinaire lucidité l'âme de chaque
Français pendant l'Exode de 1940.
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Lisez-en
passionnément ! |
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